Le tabou du viol, on l’élimine ou on en crève.

LE TABOU DU VIOL, ON L’ÉLIMINE OU ON EN CRÈVE

 

Ce texte a été écrit pour dénoncer spécifiquement le tabou du viol, dont ont été victimes les auteurEs de ce texte (Orityia –point de vue 1– et Kaineus –point de vue 2-) . 

 Néanmoins, la plupart des mécanismes d’invisibilisation et de censure au sein de nos communautés sont communs pour le viol et les autres formes de violences traumatiques. Nous tenions à insister particulièrement sur les violences sexuelles car, touchant au corps, aux organes génitaux, à la sexualité, elles sont trop souvent renvoyées à la sphère de l’intime et ainsi invisibilisées.

Les victimes qui souhaitent insister sur les mécanismes spécifiques d’invisibilisation d’autres formes de violence peuvent nous envoyer des textes complémentaires que nous publierons à la suite de celui-ci. Les outils qui sont proposés pour lutter contre la silenciation des victimes pourront être généralisés à tous les vécus traumatiques.

SOMMAIRE

Le tabou du viol gangène les communautés féministes/TBPG/queer/anar

Le trauma ça vous gêne ? ben c’est pas très féministe

Hey les copainEs… où est le care?

Une boîte à outils contre l’invisibilisation dans nos communautés

Lexique

Abstract in English

Le tabou du viol gangrène les communautés féministe / TBPG / queer / anar

 

Le tabou sur le traumatisme du viol pèse sur toute la Société, on le sait, et il est dénoncé sans cesse par les mouvements féministes.

Néanmoins, les milieux politisés contre le viol, qu’ils soient mixtes ou non-mixtes, doivent réfléchir sur la façon dont eux aussi maintiennent ce tabou chez les personnes ayant des vécus traumatiques. Ce n’est pas parce qu’on lutte contre les violences sur un plan militant et théorique qu’on n’est pas à la merci de perpétuer cette mise sous silence.

Point de vue 1

Le tabou sociétal, familial, amical je me le suis pris dans la gueule toute ma vie. A tel point que je le qualifie de « deuxième traumatisme ». Les réactions décalées, bizarres, malaisées, voire violentes, je connais. Au cours de ma vie, j’ai dû rompre avec tellement de personnes pour ces raisons-là. Et voilà qu’au fur et à mesure que je reconstruis mon univers social, je me rends compte que finalement, rien ne change vraiment. Pourtant j’avais espoir. Dans la communauté féministe pro-porn/queer/anar, je pensais avoir trouvé ma maison, mon cocon, je pensais avoir trouvé un endroit où l’étau puisse se desserrer.

Mais voilà. Il faut se rendre à l’évidence. Les personnes avec qui je marche dans la rue lors des manifestations contre les violences, celles qui hurlent des slogans féministes avec moi, celles avec qui je parle autodéfense, empowerment, celles-là aussi, au final, n’ont pas déconstruit le tabou sociétal du viol. Et comment cela serait-il possible ? Nous n’avons jamais le temps d’élaborer une réflexion collective et constructive sur ce sujet. Les témoignages de violences sexistes regorgent de plus en plus sur Internet, rappelant l’horreur de chaque histoire individuelle. On consigne ces dépositions, comme si leur triste accumulation allait y changer quelque chose. Mais ça ne suffit pas.  Car il n’y a pas que l’histoire du traumatisme, il y a l’après. Il y a ce qu’on en fait. Ce que la victime en fait, et ce qu’on en fait touTEs, car c’est une responsabilité commune que nous partageons. Dans les mouvements féministes quels qu’ils soient, on pointe du doigt touTEs ceuLLEs qui continuent par leurs discours à légitimer ou à invisibiliser les vécus traumatiques, sans une seule seconde prendre conscience  de la façon problématique dont on enferme les victimes dans le silence au sein même de nos communautés.

Point de vue 2

L’an dernier, je suis allé à la layDIY* fest de Berin, un groupe faisait un workshop* sur « la société du viol »* : elles présentaient sous forme participative le resultat de rencontres de plusieurs militantes féministes sur le viol et leur ligne d’atelier était que le viol est un instrument de la société hétérosexiste pour bien nous faire rester à notre place de femme/minorité sexuelle. Il y avait, pendant l’atelier, une personne visibilisée comme une personne ressource qui à tout moment, si on voulait quitter l’atelier et parler seulE à seulE, était disponible.

J’ai trouvé l’ensemble de cette dynamique pertinente. J’aimerai tellement retrouver ce type de dynamique dans ma communauté aujourd’hui.

Ce que je vis ici avec le viol c’est plutot genre : « on est touTEs concernéEs, alors c’est normal de faire des manif antiviol et tout et tout », mais sans soutenir les personnes pour qui lutter contre le viol c’est lutter pour sa propre existence. Ou alors genre : comme y a des personnes concernéEs par le viol, c’est important de prévenir avant de diffuser un film/faire une lecture collective/avoir une discussion collective qu’on va parler du viol/voir des scènes de viol. Alors je vais vous dire : ok, vous prevenez, donc vous avez conscience de que ce qu’on vit. Peut-être même que vous percevez que l’on peut revivre des émotions traumatiques dans des contextes nous rappelant notre vécu de victime. Si c’est le cas, bravo. Mais ne vous arrêtez pas là.

Vous arrêtez à lutter ensemble contre le viol parce que c’est une agression, vous arrêtez à prévenir quand vous allez parler de viol/ne pas inclure le viol dans les discussions parce que c’est « touchy », c’est nier le fait que ce soit une lutte féministe, c’est nier le fait que le viol est un outil répressif, c’est nier qu’il y a des conséquences aux systèmes de dominations.

Parce que cette façon de dire à demi-mots qu’il y a des victimes, sans rien proposer d’autres comme positionnement, c’est invisibiliser les tabous.

Parce que invisibiliser les tabous, c’est invisibiliser les dominations, je vous demande d’être cohérentEs.

Alors vous avez le choix :

soit  vous reconnaissez que vous utiliser le viol pour alimenter vos  discours, vous reconnaissez que vous n’êtes pas en mesure de soutenir  les victimes desdits viols  en dehors des propositions de soutien institutionnels hétéronormatifs  qui existent déjà et donc vous reconnaissez que le féminisme radical pro-porn et queer ne sont ni l’un ni l’autre capable d’exister en dehors du système  de dominations hétéropatriarcapitaliste* et donc que le féminisme, c’est  que des effets de manche,

soit vous nous soutenez et vous êtes cohérentes dans une démarche féministe à lutter contre une société empreinte de dominations en luttant contre ses effets répressifs, notamment en mettant en place une dynamique inclusive des victimes et d’arrêter de se servir de nos vécus de manière discursive (en prenant exemple de nos vécus dans des discours politiques).

Le trauma, ça vous gêne ? ben c’est pas très féministe. 

 

Les violences sexuelles gênent, mettent mal à l’aise, en grande partie parce que la sexualité de manière générale est un sujet qui pour des raisons morales, est renvoyé à la sphère de l’intime. Et aussi, parce que le viol est un crime dont la représentation est insoutenable, ce qui est aussi une façon de le mettre à distance.

Le mélange des deux, de l’intime le corps, les parties génitales, l’acte sexualisé et du crime subi, est infernal à gérer par le collectif. Il y a là de la pudeur, et en même temps la conscience que le viol n’est pas un rapport sexuel consenti et ne devrait pas appartenir à la même catégorie d’intimité. Il y a des fantasmes sur le vécu des victimes car leurs histoires renvoient à la vulnérabilité et à l’impuissance et aux peurs de touTEs. Parfois on place leur vécu tellement haut sur l’échelle de la souffrance qu’on le distancie de soi, qu’on le déshumanise, parfois au contraire on ignore totalement le vécu traumatique, par exemple en abordant certaines discussions sans égard pour les personnes chez qui cela peut réactiver des souvenirs douloureux. Mais le problème, c’est que bien souvent, seul le fantasme ou l’absence de considération s’expriment, on ne demande jamais directement à la personne concernée la façon dont elle vit la situation, on ne l’interroge jamais sur ses besoins.  Une espèce de jeu s’instaure : on tente de deviner, on interprète, on pense qu’il ne faut pas en parler parce que la personne ne veut pas en parler, ou alors qu’il faut en parler mais pas dans les détails… on fait des suppositions sur les besoins de la victime, mais elle n’en est pas partie prenante, et la façon dont on ajuste son comportement vis à vis d’elle ne témoigne au final que de nos propres limites en termes d’écoute, pas des siens en termes de parole.

Le tabou du viol s’ancre ainsi dans un fonctionnement cognitif * et interindividuel aussi bien que systémique*. On peut chercher à comprendre les mécanismes insidieux qui poussent à son maintien au sein même de communautés militantes. Mais en premier lieu ce qu’on veut ici, c’est le dénoncer. Même s’il y a des raisons à son existence, rien n’excuse que nous le maintenions ainsi. C’est à chacunE et à la collectivité de prendre ses responsabilités.

Ce qu’on souhaite vous dire, c’est qu’en tant que victimes de viols et violences physiques et psychologiques, en tant que personnes expérimentant un stress post-traumatique, on se contrefout que les violences sexuelles soient une thématique qui vous mette mal à l’aise. Ce n’est pas vous qui les avez subies. Ce n’est pas vous qui y survivez.  C’est votre devoir que de déconstruire votre façon d’agir qui perpétue l’invisibilisation et est en cela criminelle. 

 

Hey les copainEs… où est le care ? 

 community supportmp

Au sein des communautés féministe/TBPG/queer/anar…, le collectif a bien souvent tendance à prendre le pas sur les vécus individuels. Le militantisme se construit sur de grandes thématiques générales, les militants s’organisent en grandes familles, souvent de façon manichéenne (en voyant les choses en noir et blanc, les « bons » et les « méchants », ceux qui sont d’accord avec moi et ceux qui ne comprennent rien). C’est un état de faits. Mais il apparaît nécessaire de se poser la question du ressenti des personnes ayant des vécus traumatiques dans ce système de luttes.

Par exemple, au sein d’une communauté anarchiste, libertaire, qui lutte contre les oppressions, la police et le système carcéral, il n’est pas rare de culpabiliser le recours à la justice ou le dépôt de plainte. On se pose trop rarement la question des personnes, qui, ayant vécu certaines formes de violences ont été contraintes de faire le choix de déposer plainte, et qui se sentent super mal face à ce type de discours. On peut être anarchiste,  lutter contre le système carcéral et pourtant avoir utilisé la justice de l’Etat, et on n’a pas à devoir se justifier là-dessus. Et nos vécus n’ont pas à être invisibilisés, ils doivent être inclus dans les réflexions d’ensemble sur cette thématique. Le problème inverse existe aussi : parfois, l’entourage pressurise les victimes à porter plainte, alors que cela peut ne pas du tout leur convenir. Cette pression n’est pas acceptable : à chaque victime revient le droit d’utiliser les outils qu’elle juge nécessaire.

 Autre exemple, dans les discours féministes se disant d’autodéfense, il n’est pas rare d’entendre des phrases du type « on va leur montrer qu’on n’est pas des victimes ». S’il est vrai que certains outils peuvent être employés pour éviter ou lutter contre les violences sexistes, cela ne signifie pas qu’une victime a nécessairement eu une attitude qui se prêtait à l’agression. Laisser entendre ce genre de choses, c’est inadmissible. C’est une attitude de culpabilisation, qui empêche totalement la libération de la parole. C’est aussi avoir une vision bien simpliste des violences, en oubliant qu’elles s’accompagnent souvent d’une manipulation psychologique

 On ne peut  pas prétendre lutter contre les oppressions si on n’essaie pas d’avoir  une attitude qui prend en considération le vécu d’oppression de chaque personne. Le milieu militant est un milieu où il faut bien souvent être  fortE et efficace. Mais le truc, c’est que parfois on se sent faible, parfois on souffre, parfois on est malheureuxSE. Et on a trop souvent l’impression qu’on ne peut pas se le permettre. L’impression qu’il faudrait relativiser nos vécus individuels. C’est incroyable à quel point on ne peut pas se permettre de reconnaître nos sentiments, par exemple après une manif’ qui nous a secoués. Instaurer un briefing et un debriefing à chaque action, instaurer des tours de parole pour touTEs à la fin de réunions, ça nous semble un minimum pour s’assurer que les genTEs vont bien ou qu’ils vont être entouréEs par le collectif si ce n’est pas le cas. Évidemment, pour que ça fonctionne, il faudrait que ça se fasse sans jugement, et que chacunE puisse être en mesure de reconnaître ses émotions et de ne pas culpabiliser autrui. C’est le devoir du collectif que de s’assurer que personne ne risque d’être placéE dans une situation qui la met à mal par rapport à son vécu.

Le problème du care ne se pose pas seulement au sein des luttes. Il se pose aussi de façon interindividuelle. Ne pas reproduire le tabou du viol et l’invisibilisation du traumatisme dans des rapports affinitaires… ben on se rend compte que ce n’est pas quelque chose d’évident, même chez des personnes qui luttent pourtant contre ça sur le plan systémique. SortiEs des contextes des luttes, on a à cœur de rentrer dans le festif, de ne pas se prendre la tête, d’aller boire des coups et de rigoler. Tant pis si y en a qui sont à la traîne. Et finalement, on se demande si « ça va? » par pure politesse, et on est super emmerdé quand quelqu’un nous répond « non ça ne va pas ». Et encore plus quand une personne nous dit qu’elle a un vécu traumatique et que là tout de suite, ça lui pèse. Faudrait qu’on lâche notre pinte et qu’on aille lui taper un brin de causette, et on est trop épuiséE pour ça. C’est pas le moment.

Le problème c’est que ça n’est jamais le moment.

Et que même quand c’est le moment, on ne sait pas du tout ce qu’on est censé faire. Et bien souvent, on fait de la merde. Et y a jamais de remise en question, parce que, pour sûr, « on en a touTEs des problèmes », « A chacunE de les gérer ». Ce qu’on veut souligner ici, c’est que NON, les violences sexuelles, les violences traumatiques, ce n’est pas le problème d’un individu. C’est un problème collectif. On ne peut pas se battre contre les rapports de domination, et isoler une personne en ne créant jamais d’espace dans lequel elle puisse parler et être soutenuE par ses proches ou le collectif.

Point de vue 1

Aujourd’hui je me sens en colère et révoltée par notre peu de capacités à prendre en compte les parcours individuels des unEs et des autres. Nous réfléchissons (pas forcément bien, c’est un autre débat) aux inégalités de sexe, de race, d’orientation sexuelle, de santé, de genre, de classe… Pourrait-on, ne serait-ce que poser sur la table, la question de l’inégalité qui existe partout, et aussi au sein de nos communautés, envers les personnes ayant des vécus traumatiques ? Pourrait-on un instant réfléchir à nos façons d’agir ou de ne pas agir ? Pourrait-on pointer du doigt les propos humiliants, culpabilisants ou victimisants ? Croyez-moi, il y a du boulot de ce côté-là, j’en entends tous les jours…

Les réactions de mise sous silence et/ou les maladresses présentes dans la communauté militante sont graves parce qu’elles renvoient chez les victimes à tous les moments de leur vie où leur parole a été niée ou tue.

Je vais tenter de vous expliquer ce qui se passe de mon point de vue à force de réactions sociales inadéquates vis à vis de mon vécu. Le tabou sociétal du viol est tellement fort, que très rapidement, en tant que victime, on passe son temps à préserver les autres de son vécu. Pour ne pas « pourrir l’ambiance ». Pour maintenir et assurer le petit confort de touTEs. En réalité, le souvenir traumatique, c’est quelque chose que je peux vivre à chaque instant.

Il m’arrive d’avoir des souvenirs atroces et vifs parce que j’ai bu ou mangé quelque chose. Parce que j’ai fait un cauchemar. Parce que j’ai perçu une odeur. Parce qu’un décor. Parce qu’une façon de parler, une intonation. Parce qu’une musique. Parce qu’une ambiance.

Parce que tout.

Parce que rien, parfois.

Quand il m’arrive d’expérimenter un tel souvenir, malgré son extrême violence qui me coupe le souffle, m’empêche d’être dans l’instant présent,  je n’en parle jamais, ou rarement. Il se trouve que ça n’est jamais le moment d’en parler. Est-ce que moi je choisis le moment où cela m’arrive ?

Et à force de ne pas parler, on s’arme de silence.

Parce qu’une fois, deux fois, quinze, trente fois, cent fois, mille fois, on a eu en face de nous des réactions inappropriées alors qu’on parlait de vécu traumatique. Des horreurs brutes tu l’avais bien mérité ; tu es sûre que tu ne fabules pas ?; je n’ai pas envie de parler de ça car c’est trop dur pour moi ;  mais aussi des situations plus complexes : des personnes qui se mettent à pleurer et qu’on se retrouve à devoir consoler, des personnes qui ne disent pas un mot, des personnes qui ont l’air de ne pas écouter, des personnes qui posent des questions inappropriées, des sauveurSEs qui nous cherchent des solutions.

A présent, quand je sens que je flanche, que j’entre dans une période où il me devient plus difficile de gérer mon vécu traumatique, j’arrive à en parler autour de moi. Simplement en disant que je ne vais pas bien et en donnant de moi-même la raison de ce mal-être. Il m’aura fallu plus de dix ans pour y parvenir. Il m’aura fallu des centaines d’heures de thérapies individuelles et collectives. Lire des tas de bouquins. Écrire des dizaines de textes. Il m’aura fallu traverser une centaine de crises de panique, de tachycardie, de spasmophilie, subir les symptômes psychosomatiques cutanés, gastro-entérologiques, accepter que mon fonctionnement cognitif et affectif se transforme à jamais : perdre le souvenir de mes émotions, perdre la vivacité de mes sentiments.

Et quand enfin, ma parole parvient à se libérer, c’est pour se répercuter au silence.

Pour tout vous dire, voilà un mois maintenant que j’expérimente de plein fouet le tabou du viol au sein de la communauté féministe, et même au sein d’une communauté affinitaire. Quand je dis aux gens que je ne vais pas bien en ce moment, la plupart (sachant mon passé) ne me demandent rien de plus.  Quand de moi-même je donne la raison En ce moment j’ai des reviviscences de trauma, c’est dur à gérer, aussi fou que cela  puisse paraître, j’ai juste le droit à un sourire qui se veut compréhensif. Et puis plus rien. Au mieux on me raconte une blague ou on me paie un verre. Je suis hantée par le souvenir d’un agresseur pédophile qui, lorsque j’avais quatorze ans, m’a tartinée le cul de lubrifiant avant de me sodomiser avec une telle violence que j’ai pissé le sang pendant une semaine, et on me raconte une blague ou on me paie un verre.

Et quand je me risque à dire que, ouhouhou, ce serait peut être un peu sympa de réagir, je me prends le fameux :

Mais qu’est ce qu’on peut y faire ? (ou : attends, désolée, j’ai un appel, on en parle plus tard)

Je m’en contrefous que vous ne sachiez pas quoi faire, que vous vous sentiez démuniEs, impuissantEs. Ça n’est pas mon problème. Je suis là, à demander de l’aide parce que j’étouffe. Pas de l’aide thérapeutique, de ce côté-là je suis prise en charge. Je ne pense pas demander une aide qu’il soit impossible aux autres de m’offrir. J’ai simplement besoin de sentir que je peux être écoutée, épaulée, j’ai simplement besoin de savoir que j’ai le droit d’exister en société avec le vécu qui est le mien, que je peux abandonner parfois mon armure d’optimisme et de force pour apparaître faible et fragile, et recevoir une réponse adéquate de la part de mes proches et de la collectivité.

Quand je dis que je vais mal, ça ne veut pas dire que je suis stressée, que j’ai des problèmes au boulot, dans ma famille, dans mes relations affectives. Sinon c’est ce que je dirai directement.

Quand je dis que je vais mal ça veut dire que j’ai envie de mourir.

Et je me prends juste la violence de votre silence dans la gueule, ou l’expression de votre manque de temps/d’envie/ de considération.

Point de vue 2

 Y a aussi l’effet « victime-caution ». Vous savez, quand on parle de « une personne » qui a vécu si ou ça, et que tout le monde est bien désolé pour cette personne, que vraiment c’est pas cool de vivre ça, que c’est trop nul le (mettre le système d’oppression que vous souhaitez ici), qu’il faut faire quelque chose…

 Et la personne, on en fait quoi ?

 Vous vous placez en dehors de ce système que vous dénoncez. Mais nous, victimes, sommes à côté de vous. Je veux bien détruire le système mais j’ai besoin de care ici et maintenant.

 Sachez que ce système nous fout en dehors de lui aussi. Être en état post-traumatique, c’est ne plus pouvoir se raccrocher aux branches. Quand on quitte le système hétéropatriarcapitaliste, le nombre de ressources pour survivre est égal à « démerde-toi ».

 J’aimerais que les personne qui m’entourent, et ma communauté plus largement, cessent de se penser en terme d’extériorité. Vous êtes concernéEs par mon manque de ressources parce que justement nous combattons le système qui m’a blessé. Par conséquent, mettons en place des solidarités internes. C’est moins flamboyant que de faire des pochoirs sur les murs ou de balancer du faux sang, c’est sur. Mais ce serait anti-lutte de penser que ces actions sont suffisantes sans regarder ce qu’il y a à faire à l’intérieur de nos communautés.

Conclusion

Prendre soin des personnes victimes d’agressions physiques et/ou psychologique en état traumatique ou post traumatique, c’est nécessaire. Sinon on rejoue des termes de dominations à l’intérieur de nos communautés. Et c’est bon pour touTEs, parce que le jour où vous serez pas au top, vous verrez que c’est cool d’exister dans une communauté où on peut avoir une reconnaissance même si on est pas en mode guerrirèrE/flamboyance.

Si vous tournez le dos aux personnes qui vont pas bien autour de vous, sachez que

1: elles n’ont nul par autre où aller (sinon dans le système qui nous oppresse… pas cool de se prendre des oppressions dans la gueule quand on essaye de survivre aux conséquences d’une oppression)

2: que vous pouvez faire quelque chose, au minimum ne pas nier la souffrance, c’est déjà ça

3: que ne rien faire, c’est valider une notion de domination dans nos communauté qui dirait « il faut être fortE, flamboyantE »

Une boîte à outils contre l’invisibilisation dans nos communautés

On fait une boite à outils.  On la fait alors que c’est vous qui auriez dû y réfléchir avant. C’est bien pour cela qu’on en arrive à vous donner cette liste non exhaustive, parce qu’on vit une répression qu’on n’est plus prêtEs à accepter. Mais n’oubliez pas que la lutte contre notre invisibilisation passe d’abord en vous, par vous : par une réflexion sur votre positionnement, sur le sens que vous donnez par vos gestes, silences, maladresses, refus, quand vous êtes face à une personne victime de violences.

Ce sont des propositions, et on espère que d’autres victimes viendront enrichir ce contenu.

  • Ne présupposez pas qu’une personne victime de violences n’a pas envie d’en parler. Demandez-lui directement si elle a envie ou non de vous en parler.

– Si elle vous dit non, ça ne veut pas dire qu’elle n’a pas besoin d’aide.

– Ne faites pas de généralités : la personne peut ne pas  vouloir vous parler à vous, mais éprouver le besoin de parler à  quelqu’un d’autre. La personne peut ne pas vouloir vous parler  immédiatement, ce qui ne signifie pas qu’elle ne veut pas vous en parler  à un autre moment

– Peut-être qu’elle veut en parler autrement (collectivement, …)

-Peut être qu’elle ne veut pas en parler mais qu’elle veut bien autre chose : se bourrer la gueule avec vous, pas etre seulE, danser, mater un film, recevoir un câlin, dormir, etc…

– Dans tout les cas ne prenez pas ce non pour un refus inconditionnel et demandez à la personne ce qu’elle souhaite.

 

  • Si la personne exprime un besoin d’écoute, trouvez-lui rapidement un moment seulE à seulE, dans un endroit sécurisant pour elle (à son domicile si elle en a un et qu’elle s’y sent bien, dans un endroit où vous prendrez soin de ne pas être dérangéEs, ect)
  • Ne faites pas abstraction des problèmes que rencontre la personne face à son vécu traumatique. Si vous savez qu’elle va mal en ce moment et pour ces raisons-là, demandez-lui régulièrement comment elle gère la situation et ce qu’elle ressent.
  •  Les risques chez une personne qui est en état de souffrance post-traumatique sont réels (dépression, suicide, retrait social, perte du lien à la réalité, entrée dans l’addiction -aux produits, aux jeux d’argent ect.-). Il y a souvent des phases au cours desquelles le trauma revient de façon extrêmement violente. Dans ce cas là, il est important de s’assurer qu’elle est accompagnée. C’est impossible -et même  malsain- de prendre  cette responbilité seulE. Alors quand il y a urgence, il ne faut pas hésiter à contacter l’entourage proche, sans outer la personne sur son traumatisme (juste en disant qu’elle va mal et que ce serait cool que les copainEs assurent).
  • Quand une personne expérimente un état post-traumatique aigu, toute contrainte peut devenir un sujet grave de stress et empirer son état. L’aider, ça peut aussi passer par lui proposer un coup de main (bouffe, bricolage, démarches administratives, courriers, garde d’enfants…)
  • Si vous êtes gênéE à l’idée d’avoir une conversation sur le traumatisme de la personneet/ou ne savez pas comment vous comportez, dites-le plutôt que de paraître mal, innatentifVE etc.
  • Si vous savez que vous n’êtes pas prêtE à entendre son histoire (vous allez mal vous-même, vous avez un vécu similaire, cela vous atteint trop) exprimez vos limites. Ce sera plus facile à entendre pour la victime que d’avoir l’impression que vous cherchez à la censurer.
  • Pendant qu’elle vous parle, ne touchez la victime qu’après lui avoir demandé si elle le souhaitait, quel que soit votre niveau d’intimité. Cela pourrait être perçu comme une tentative d’empêcher son discours. Si la victime pleure, demandez-lui toujours avant de la prendre dans les bras. Attention, les pleurs ne signifient pas qu’elle a fini de parler, assurez-vous que votre comportement ne l’empêche pas de reprendre le fil de son discours.
  • Rebondissez sur ce que la victime vous dit par le biais de questions ou de relances. Si vous ne parlez pas du tout, cela donnera l’impression que vous n’écoutez pas. Très vite, cela peut mettre mal à l’aise et conduire au silence. Si vous n’osez pas poser des questions directes, vous pouvez simplement la relancer sur ce qu’elle vient de dire, en répétant ses propos ou en résumant ce que vous en avez compris.
  • Attention aux questions que vous posez. Certaines peuvent être abruptes  bon et alors il/elle t’a fait quoi exactement ? Mieux vaut se contenter de suivre la personne dans ce qu’elle raconte plutôt que de l’amener vers un nouveau sujet. Si vous n’êtes pas sûrE que votre question ne soit pas problématique, demandez lui avant ce qu’elle en pense.
  • Ne parlez pas de votre propre histoire ni de celle de quelqu’un d’autre. Si vous avez vous-même été victime d’abus traumatique, à chacun son temps de parole. Vous pouvez en revanche exprimer votre ressenti : « j’éprouve la même chose, je comprends ce que tu veux dire, j’ai eu les mêmes sensations etc. », mais n’entrez pas dans les détails de votre histoire personnelle (sauf si cela est abordé par l’autre personne).
  • Ne vous placez pas ni ne laissez vous placer en position de sauveurEUSE. Vous n’êtes pas unE héro-ine. Les je vais lui faire sa peau, je suis là maintenant pour toi, tu n’auras plus jamais à vivre ça sont déplacés. Si c’est la victime qui tente de vous faire entrer dans cette position de sauveurEUSE je ne sais pas ce que je ferais sans toi, personne ne m’a jamais aussi bien écouté que toi etc. faites-le lui remarquer et refusez cette position.
  • Ne vous placez pas en position de victime. Cela arrive très souvent Mais pourquoi ne m’as-tu rien dit avant ? Je n’arrive plus à dormir depuis que tu m’as raconté ton histoire etc. Si ce qu’elle vous dit est trop douloureux pour vous, trouvez de l’aide à l’extérieur, c’est votre problème, certainement pas le sien. En revanche, vous pouvez exprimer vos ressentis : je me sens triste/ en colère/ révoltéE parce que…
  • Effectivement, parler autour de vous du fait que vous soutenez une personne victime, sans l’outer, est important. Vous aussi vous aurez besoin de soutien. Et c’est doublement important car cela permet de rompre le silence autour de l’accompagnement des victimes. Si vous soutenez collectivement une personne, faites en sorte d’inclure la personne dans vos discutions.
  • Pour vous rendre compte de la mise sous silence que vous opérez, comparez votre attitude face au viol avec votre attitude face à d’autres sujets difficiles. Par exemple, quand quelqu’un vous dit: « je vais mal parce que ma mère/ma copine est à l’hosto dans le coma », cela n’entraine souvent pas du tout les mêmes réactions (en termes d’écoute, du nombre et de la qualité des questions posées, de l’attention portée dans les jours suivants) que quand quelqu’un vous dit « je vais mal parce que j’ai des souvenirs traumatiques » (dans ce cas, souvent, on ne pose pas de question et on élude le sujet). Donc demandez-vous toujours si votre attitude n’est pas particulière au viol/aux violences, et si vous sentez que c’est le cas, débrouillez-vous pour rectifier le tir.
  • Proposons de nous rencontrer autour de l’accompagnement des personnes qui souffrent. Partager nos expériences d’accompagnement (anonymement), partager nos ressources, nos listes de médecins militantEs si on en connait et qu’on se positionne pas contre l’usage de ces ressources, et aussi discuter des limites de ses ressources.

Lexique

*layDIY fest de Berlin : http://www.ladyfest.net/lad-i-y-fest-2013/sonstiges-additional-info/flti-only/

 *workshop : on peut le traduire par « atelier ». Plus précisement, dans le milieu féministe, c’est un espace proposé pour partager et/ou échanger et/ou créer ensemble sur (ou pas) des thématiques. Et la forme varie selon qui quand où. Société du viol : présentation de l’atelier issue du programme de la laDIYfest Berlin 2012 : “rapeculture” – what is it, where did it come from, how does it effect us?; examining gender stereotypes, behavioral conditioning, rape narratives, rape myths etc. ; what kind of structures do we need, and what structures can we create to confront rapeculture within society and ourselves? open for all genders/non-genders

*hétérosexiste/normatif : L’hétérosexisme est l’affirmation de l’hétérosexualité comme norme sociale ou la présentation de l’hétérosexualité comme étant supérieure aux autres sexualités. Le système hétéronormatif favorise uniquement les personnes et relations hétérosexuelles,  en ne prenant pas en compte les autres types d’orientations sexuelles, en créant une hiérarchisation en faveur de l’hétérosexualité  cisgenre. Dans cette hiérarchisation, le haut de l’échelle est l’homme cisgenre hétérosexuel. Comme cette échelle vaut pour norme dans notre société, toutes personnes ne correspondant pas à ces critères (homme cisgenre = hétéro masculin dominant, femme cisgenre = hétéro féminine qui sait rester à sa place etc.) est discriminéE, on parle d’hétéronormativité. Pour aller plus loin, toute personne prenant place dans cette échelle et la soutenant se trouve légitime de discriminer les personnes s’éloignant des normes (« t’es pas assez féminine », « sale pédé » etc.). Le FHAR (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire, 1971-1974  ) parle d' »hétéroflics », car chaque personne dans cette norme régule son environnement.

*hétéropatriarcapitaliste:  mot-valise qui permet de mettre en valeur l’étroite relation entre le système hétéronormatif, la notion de patriarcat (autorité qui décide pour toi parce que c’est pour ton bien) contenue dedans, et le système capitaliste, normatif également, qui vit sur le classisme et la colonisation. Utilisé par certainEs anarcoféministes, dont nous faisons parti.

*Cognitif : La cognition est l’ensemble des grandes fonctions de l’esprit liées à la connaissance  (définition wikipédia)

*Systémique : ancré dans un système

*Reviviscences : flash-back -souvenir très sensoriel- d’un détail du traumatisme ou du traumatisme entier déroulé comme un film. La reviviscence, contrairement à un simple souvenir, a la particularité de s’imposer, d’être intrusive et incontrôlable: la personne se sent « hantée » par l’épisode traumatique.  Suite à un trauma, le plus souvent se met en place un mécanisme de protection qui entraîne une « dissociation »  : les victimes dissocient leur mémoire sémantique (mémoire des faits = savoirs à propos de l’évènement, l’heure, le temps qu’il faisait, les habits portés, les mots, les gestes etc.) des émotions qui y sont reliées (peur, panique, anticipation de la mort, rage etc.). Les reviviscences sont des moments où l’émotionnel se relie au souvenir, ce qui est donc extrêmement violent pour la victime qui perd le contrôle de son vécu traumatique. Elles viennent à n’importe quel moment, sans règle, mais peuvent être déclenchées par un évènement sensoriel (odeur, son, musique, parole, lieu) ressemblant (effet de la Madeleine de Proust). Les reviviscences peuvent s’exprimer aussi sous la forme de cauchemars (souvent le même qui se répète, la victime se sent ainsi harcelée toutes les nuits conduisant à une fuite du sommeil ou la prise de médicaments) ou d’hallucinations (calquer le visage de son agresseurSE sur celui d’autres personnes: ça peut arriver par exemple dans la rue mais aussi lors de rapports sexuels).

Abstract in english

Title translation : The taboo of rape, we have to eliminate it or we die (reference to a french antifascist slogan)

Here we report our experiences of invisibilisation in our communities, and we try to explain this phenomenon and especially to denounce it.

At the end, we give a toolbox against invisibilisation at destination of our friends and allies. This toolbox gives information about what to do, how to listen, how to be carefull with an individual who is traumatized and needs help.

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5 réflexions sur “Le tabou du viol, on l’élimine ou on en crève.

  1. Supers outils! Merci, merci, merci 😀

    ça m’intéresse d’autant plus que j’ai moi-même été violée il y a des années et que j’ai eu envie de monter un groupe de parole au sein de nos communautés féministes/queers mais je rencontrais un silence gêné à chaque fois que j’en parlais (avec des personnes ultra féministes!!!). La personne qui voulait monter ça avec moi, parce qu’elle avait vécu ça elle aussi, s’est ensuite retirée en disant qu’elle ne voulait pas s’outer et se mettre en situation de faiblesse dans le milieu. Tu m’étonnes! Vu les réactions, c’est décourageant! AU final, t’as l’impression qu’une telle initiative te coûterait bien plus qu’elle ne te rapporterait (en bien-être, échange, parole, etc.).

    Ce que vous dites sur cette volonté de taire le viol dans nos milieux militants me touche d’autant plus que la dernière fois que j’ai eu une sorte de résurgence post-traumatique, c’était lors de projection dans un lieu féministe et queer. C’était un film où il y avait une scène de viol et avant même que celui-ci n’ait lieu à l’image j’ai fait une crise d’angoisse, je me suis mise à trembler, à pleurer, à avoir très froid et j’ai dû sortir du lieu. Je connaissais beaucoup de personnes dans la salle, ce ne sont pas forcément des amiES mais au moins des personnes que je côtoie, avec qui je milite, avec qui je fais la fête. Aucune d’entre elles ne m’a demandé à aucun moment ce qui se passait et si j’avais besoin de parler ou de quoi que ce soit… Pour elles, avoir annoncé avant la projection que le film comportait des scènes violentes, c’était amplement suffisant! Elles n’avaient pas réfléchi à prévoir une personne ressource pour les personnes se sentant mal, comme vous l’évoquez. Au final, c’est une personne que je ne connaissais pas du tout, et pas du tout féministe, qui est venue me voir parce qu’elle m’avait vue sortir du lieu et qui m’a apporté son soutien…

    • Bonjour Artemisia,

      Merci de ton soutien, si tu as des outils à ajouter, on les rajoute 🙂

      Comme tu sais, on a ouvert le blog pour porter la parole des victimes en etat post traumatique, donc tu es la bienvenu pour contribuer 🙂

      Est-ce que tu souhaiterais écrire un texte pour parler de ta tentative d’ouverture d’espace?

      Personnellement je prévois d’écrire un article sur ce qui existe comme ressource dans la communauté, et ce qui n’existent pas que l’on aimerait voir exister. Mes quelques pistes :
      par et pour les victimes, qu’on pense que ça serve à quelque chose, ou que ça deserve, ce qu’on voudrait mettre en place, ou ce qu’on ne voudrait surtout pas, ce qu’on se sent ou pas de faire… VS ce qui a exister qui ne fonctionne pas et pourquoi, ce qui existe en milieu institutionnel.

      Qu’en penses-tu ?

      Kaineus

  2. Coucou Artemisia, en effet nous avons créé ce blog dans l’urgence car on manquait d’écoute et d’outils dans la communauté, et qu’on n’en pouvait plus. Comme le souligne Kaineus, tu es vraiment la bienvenue pour écrire seulE ou en collectivité sur les sujets qui t’intéressent (contacte nous par mail, voir la page auteurEs). Tu peux aussi rajouter des avis persos dans nos articles (genre t’as vu, parfois on fait point de vue 1, point de vue 2 etc.) L’idée c’est de ne plus rester silencieuxSES, plus jamais. De dénoncer ce qui se passe. De faire prendre conscience à nos alliéEs et aux autres de ce que nous vivons au quotidien. De créer nos propres outils et lieux de rencontre, car personne ne le fera pour nous. Et de diffuser. Il faut vraiment arrêter ce truc d’injonction à être vaillantE et fortE dans le militantisme. Ce que vous avez vécu touTEs les deux est vraiment insupportable… Finalement, vous n’avez pas osé vous exprimer par peur des conséquences… c’est dire la censure que vous avez subie. et ensuite, se taper des relans post-traumatiques sans soutien ni care au sein même de la communauté (gros pffff). Voilà, je pense que tu as pas mal de choses à dire, donc n’hésite pas. Je veux bien t’en dire + sur mes projets d’articles par mail. Bisous. Orithyia

  3. Pingback: Ne parlez pas en mon nom ! | Philomèle

  4. Pingback: VICTIMES CULPABILISANTES TANT QU’IL LE FAUDRA | Philomèle

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