Sortir de l’emprise, faire le deuil des sentiments

Sortir de l’emprise, faire le deuil des sentiments

Par Kaineus

Que faites-vous après une rupture ?

Je veux dire, après avoir bien comprit que c’était fini, après vous être séparéEs, par quoi passez-vous et comment faites-vous pour recommencer à vivre ?

Vous savez, quand la nostalgie vous envahie, que les moments où vous avez été ensemble se superposent aux lieux que vous traversez, qu’une odeur vous fait pleurer dans le métro, comment faites-vous pour vous relever ?

C’est déjà dur en soit une rupture amoureuse.

Mais vous imaginez ce que c’est de rompre avec une personne manipulatrice ?

Je vais vous le dire autrement. Quand une personne arrive à s’extraire d’une relation amoureuse où elle est sous emprise, c’est une immense victoire. IMMENSE. C’est la victoire sur la mort.

Mais, et l’ «amour» ? Et la rupture ?

Parce que, après s’être extraite de cette dépendance, la personne va mettre des mois (des années parfois) à revivre chaque dialogue, chaque situation, à faire le tri de ce qui lui appartient à elle et de ce qui lui a été imposé. Ou ne pas le faire et tenter de reconstruire pardessus tout ça. Trouver la force, seulE, celle qui lui est propre; le bourgeon de vie qui se tapie en elle.

Moi, j’ai d’abord tout quitté et j’ai choisi d’affronter les souvenirs traumatiques de cette relation. Quand j’affrontais chaque souvenir, je devais essayer d’abord de le regarder sans pleurer. Mettre la nostalgie de côté et décoder ce que j’avais vécu.

Au bout d‘un moment, je crois que j’en avais fini de séparer ce qui m’appartenait de ce qui m’avait été imposer. Et que j’en avais fait le tour, j’ai pensé que c’était suffisant pour tourner la page, que j’avais fini de faire le deuil de cette relation toxique. Que je pouvais passer à autre chose.

Mais la nostalgie m’a rattrapée. J’ai été naïf de penser que ça suffirai. Les sentiments que j’ai éprouvés ont réellement existé et je me retrouve à faire le deuil de cette relation une deuxième fois : en tant que relation amoureuse. Et je ne m’y attendait pas.

On ne se retrouve pas sous emprise par faiblesse. C’est tout un schéma qui se tisse autour d’une personne en manipulant son environnement, ses sentiments, à partir de ce qui existe.

Une relation amicale, une relation parent-enfant, une relation amoureuse ne peuvent pas se réduire à la domination d’une personne sur l’autre. Des sentiments existent et ils sont réels ; on éprouve « pour de vrai » l’amour, l’attention, la crainte de la perte, l’excitation… Se défaire d’une relation toxique, c’est aussi rompre la relation sentimentale qui nous attache à elle. Et même si on sait que ces sentiments sont des outils pour construire la dépendance d’une personne à l’autre dans ce schéma de relation et qu’il faut les mettre de côté pour s’en extraire, ils ont belles et bien existé.

Aujourd’hui, dans ma vie, il me paraît sain de faire le deuil des sentiments que j’ai éprouvé, de la même façon dont je le ferais pour toute rupture amoureuse. Parce que j’ai vraiment éprouvé cette amour même s’il n’était pas vécu par l’autre de la façon dont je le percevais à l’époque. Ce que j’ai ressenti, moi, était réel.

Aujourd’hui j’accueille ces sentiments pour leur dire adieu. Je les accueille en faisant le tri dans l’autre sens : en essayant de ne pas les teinter de haine, de dégoût, de pitié ou de colère. J’accueille les souvenirs de cette balade, ce sourire, cette danse pour ce qu’ils sont aussi : les souvenirs nostalgiques de moments vécus avec celui que j’ai aimé.

Je ne sais pas comment vous faites, et chacunE sa méthode. C’est la mienne quand je vis une rupture amoureuse. Refouler cette nostalgie me parait plus dur et d’une peine qui dure plus longtemps que si je l’accueille.

Et la blessure se referme, petit à petit. Avec le temps.

Partial English Translation

Get out of influence, the mourning of sentiments

This is a partial translation because the begining of the text is not yet translated. (If you want to do it, feel free to send us your part) :

After they exit this relation of dependence, the individual will spend months (even years) to re-live every discussion, every situation, to sort out what belongs to them from what was imposed on them. Or they won’t do it and re-build on top of it all. To find strength, on their own, their own strength, the burgeoning life hidden inside them.

In my case, I left everything at first, and chose to confront traumatic memories from this relationship. As I confronted each memory, I first had to try and look at it without crying. Put nostalgia aside and decode what I had lived.

After a while, I think I was done separating what belonged to me from what had been imposed on me. And that I was done with it. I thought that was enough to turn a new leaf, that I was done grieving this toxic relationship. That I could move on.

But nostalgia came back. I was naïve to think it would be enough. Feelings I had felt really existed and I found myself mourning for this relationship for the second time: as a sentimental relationship. And I was not expecting this.

We don’t find ourselves under someone’s influence because we are weak. There is a whole net being drawn around someone by manipulating their environment, their feelings, based on what exists.

A friendship, a parent-child relationship, a sentimental relationship cannot be reduced to the domination of one person on another. Feelings exist and they are real; we feel love, care, fear of loss, excitement “for real”. To undo a toxic relationship, it is also to break the sentimental relationship which links us to it. And even if we know that these feelings are tools to build the dependence of one person on another, and that they have to be put aside to escape from it, they still have actually existed.

Today, in my life, I think it is healthy to mourn for the feelings I had, in the same way I would any other relationship. Because I have truly felt this love even if it was not lived by the other person in the way I perceived it at the time. What I felt was real.

Today, I welcome these feelings to bid them farewell. I welcome them and sort them in another way: trying not to taint them with hatred, disgust, pity or anger. I welcome the memories of this walk, that smile, this dance for what they also are: the nostalgic memories of moments lived with the person I loved.

I don’t know how you do it, and everyone has their own method. This is mine when I live through a break up. To repress this nostalgia seems harder to me and leading to much longer pain than if I welcome it.

And the wound heals. In time.

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