Arrêtez de me demander si j’ai porté plainte

Arrêtez de me demander si j’ai porté plainte

 

Par Kaineus

trigger warning : cet article parle de viol

 


Je n’ai pas porté plainte quand j’étais mineur, pas non plus quand j’étais majeur, pas plus quand je me suis fais violer à nouveau il y a un an ; je ne porterai pas plainte plus tard ; et si ça m’arrivai encore, je ne porterai pas plainte.


Arrêtez de me demander si j’ai porté plainte, comme si c’était l’unique et ultime réponse, comme si ça me soulagerai, comme si c’était une réparation.

Non, exposer mes organes génitaux à une batterie de test pour entendre des médecins « confirmer » que j’ai bien été violé, non, ça ne me ferait pas du bien. Parce que le message derrière, c’est que le médical décide pour moi si oui ou non j’ai été violé, et ce n’est pas pour me rassurer. JE sais mieux qu’eux ce qu’il se passe dans mon corps.

Parce que débaler mes souffrances face à des hommes cis majoritairement, qui eux-même reproduisent des dominations patriarcales (mecs cis + flics) bref face aux représentants d’un système qui m’oppresse et qui créer et soutient la culture du viol, non, ça ne me rassure pas.

Parce que, une fois la plainte déposée, personne ne vous dit l’enfer qui vous attend.

Parce que la société de repression est mon ennemie et je n’attend pas d’elle de me soutenir. Ils construisent et appliquent un système de dominations, le viol n’est qu’une conséquence directe. Alors, aller porter plainte, pour moi, ce serait comme prendre un ticket pour aller me plaindre des conséquence d’un système qui de toute façon produit les violences que je vis ; et ça ne me convient pas.

Non. Je ne porterai pas plainte parce que ça ne me soulagerai pas de voir un de mes agresseurs en prisons. Parce que c’est tout ce qu’un jugement propose comme réparation : de l’argent et la possibilité d’enfermer mes agresseurs. L’argent ne me reparera pas. Quand à l’enfermement, je comprend qu’il puisse aider dans un sens, que ce soit un recourt important pour certaines victimes, le temps de sauver leurs vies. Mais ça ne me concerne pas.


Derrière cette question, vous ne voulez pas plutot savoir s’il y a quelque chose qui me soulagerait ? Qui vaudrait réparation ? Ou, au mieux, qui me fasse me sentir moins mal ?

Et bien, si c’est ce que vous souhaitiez me demander maladroitement, et bien, oui. Il ya. Et ce n’est pas une baguette magique ou une formule écrite sur papier magique que vous appeleriez plainte.

Ce qui me ferait du bien, c’est que vous arrêtiez de soutenir un système qui créer des oppressions. Arrêtez de me demander si j’ai porté plainte et d’espérer que ça résoudra tous les maux du monde.

 

Orithyio a publié un article faisant écho à celui-ci : Pourquoi j’ai porté plainte

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2 réflexions sur “Arrêtez de me demander si j’ai porté plainte

  1. Pingback: Pourquoi j’ai porté plainte | Philomèle

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