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Ce blog se veut un outil de lutte féministe, queer*/TBPG* et anti-système*, contre les violences et l’invisibilisation des vécus traumatiques.

Il sera tenu en non-mixité par des  personnes queer / TBPG / femmes se définissant des courants féministes pro-porn/sex-positif/sex-radical*, c’est à dire par des féministes non-abolitionnistes*, opposéEs à toute forme de censure du sexuel* et au moralisme occidental, luttant pour le droit de chacunE à disposer de son corps, de son identité de genre,  de sa sexualité, et à investir l’expression pornographique si il/ELLE/ielle le souhaite.

Son but est la libre expression des vécus traumatiques liés aux violences.

On entend par là les abus commis par autrui (inconnuE ou personne de l’entourage) s’exprimant par des violences psychologiques, des violences physiques, des violences sexuelles, le viol, et ayant entraîné des séquelles psychiques graves chez la victime (avec un handicap réel ressenti dans le quotidien pouvant s’exprimer par des symptômes post-traumatiques tels que: cauchemars, dépression/anxiété, pensées récurrentes et vives du traumatisme -reviviscences-, dissociation émotion/pensée, troubles alimentaires, troubles cutanés, troubles gastro-entérologiques, difficultés socio-relationnelles etc.).

Etat d’urgence.

Il y a urgence, pour nous, personnes traumatiséEs refusant le système de domination masculine, capitaliste, hétéronormatif, colonial, validiste.

Urgence à parler de nos vécus. Urgence car on n’a pas d’outils en dehors de ce système. Urgence à créer ces outils. Urgence à obtenir votre appui. Vous qui êtes notre famille choisie, notre communauté. On a urgemment besoin de vous.

Ce blog cherche à visibiliser les vécus traumatiques particulièrement mais non exclusivement des personnes estimant que les violences interpersonnelles dont elles ont été victimes sont renforcées par des enjeux systémiques de pouvoir sur la base du sexe, de la race, de la religion, de l’âge, de la classe, du genre, de l’orientation sexuelle, de l’état de santé etc.

On veut visibiliser parce qu’on pense que le tabou nous tue, parce qu’on pense que dans une démarche féministe, parler de nos vécus en tant que victimes permettra de déconstruire les liens entre les dominations qui nous oppressent et qui conduisent à nos vécus (serpent qui se mord la queue). On visibilise pour ne plus être seulEs car on se sent seulEs.  On visibilise parce qu’il est temps qu’ensemble nous trouvions des moyens en non-mixité féministe queer/TBPG opposéEs à la censure du sexuel.

L’objectif de ce blog n’est pas de donner à lire les histoires traumatiques de chacunE, mais plutôt de réfléchir aux traumatismes et aux violences de manière générale. Les histoires individuelles pourront permettre l’illustration de réflexions ou mécanismes globaux mais ne seront pas au centre des articles (d’autres blogs existent pour cela).

Nous revendiquons la réappropriation de nos corps, de nos expressions de genre, de nos sexualités et de nos expressions pornographiques. 

1-Dans le systéme hétéropatriarcapilatiste*, nous luttons au quotidien pour affirmer nos identités de corps, de sexe, de genre. Les violences que nous avons subies ne sont pas pour aider dans ce processus de lutte. Être agresser sexuellement c’est être coloniséEs par notre agresseur dans nos corps. Ainsi nous, victimes, devons lutter tous les jours pour se défaire de ces imprégnations corporelles et psychiques que nos agresseurs ont laissées dans nos corps, en plus de devoir lutter comme vous contre les dominations hétérosexistes et capitalistes dans les espaces publiques, les institutions, la famille, la communauté. Cette addition de luttes, extérieure et intérieure, est épuisante. La revendication de nos identités est aussi pour nous une lutte contre l’agresseur qui nous les a « volées ».

2-De nombreuses pratiques sexuelles (sado-masochisme, domination-soumission, jeux de rôle, échangisme etc.), ainsi que les métiers du sexe (prostitution traditionnelle ou non, pornographie), et l’expression publique pornographique (vidéos, performances etc.) sont montrés du doigt comme des pratiques qui perpétueraient les violences à caractère sexuel et sexiste. Or, plutôt que de condamner ces pratiques, nous avons décidé de nous les réapproprier. La scission qui s’est opérée dans le milieu féministe français, cristallisée par les dossiers « voile » et « prostitution » conduit bien souvent à amalgamer nos positions à une instrumentalisation du patriarcat et à nous présenter comme des complices des viols et violences faites aux femmes. Ceci est intolérable. Il n’y a pas d’un côté les féministes abolitionnistes victimes de violences et de l’autre les méchantEs féministes pro-porn/sex positif/sex radical. Dans les deux bords, il existe un grand nombre de personnes ayant vécu des violences atroces, perpétuées par tout un système inégalitaire. La différence réside dans l’interprétation qui en est faite. Alors que les féministes abolitionnistes considèrent la prostitution, la pornographie, et certaines pratiques sexuelles comme les causes des violences faites au femmes, les féministes pro-porn/sex positif/sex radical considèrent pour leur part que ce sont des outils qui reflètent pour l’heure la domination masculine mais n’en sont pas la cause, et qu’il est possible de se les réapproprier. Davantage qu’une simple possibilité, il s’agit même d’une volonté essentielle, ancrée dans une définition identitaire (par exemple nous nous définissons comme pratiquantEs BDSM).  Dans cette optique, lutter contre les violences ce n’est certainement pas renoncer à sa sexualité, ni à ses fantasmes (sauf bien sûr si la réappropriation de la sexualité est l’asexualité, mais dans ce cas ce n’est pas un renoncement imposé). On peut être opposéEs à toute forme de violence et domination réelles et désirer dans le même temps explorer dans la sphère sexuelle et intime, entre partenaires consentants, des mises en scène utilisant la violence ou des rapports de pouvoir. Il n’y a rien là d’incompatible.

La façon dont les féministes libertaires désireuses de se réapproprier ces outils sont invisibiliséEs et humiliéEs les oblige à se battre pour le droit à la parole. L’heure est toujours à l’action, à l’urgence. Le mouvement pro-porn/sex positif/sex radical français doit dépenser toute son énergie à lutter pour des droits fondamentaux (notamment pour les droits des travailleurSEs du sexe). C’est un état de faits regrettable et réel, qui nous conduit à ne plus pouvoir prendre la parole sur des thématiques essentielles, notamment autour des violences.  Or il y a là aussi une véritable urgence pour les victimes d’abus appartenant au courant pro-porn/sex positif/sex radical, qui n’ont aucun lieu, outil, groupe de parole, et qui se retrouvent ainsi isoléEs.

Ce blog a été créé pour leur offrir un outil de réflexion et de rencontre et pour rendre publique leur parole.

*queer : Ce mot était à la base une insulte qui « Par ironie et provocation, fut récupéré et revendiqué par des militants et intellectuels gays, transsexuels, bisexuels, adeptes du BDSM, fétichistes, travestis et transgenres à partir des années 1980 », il est utilisé pour l’autodéfinition de « ceux qui – hétérosexuels compris – ne se reconnaissent pas dans l’hétérosexisme de la société, et cherchent à redéfinir les questions de genre » (citations wikipédia)

*TBPG : Trans, Bis, Pédés, Gouines. Sigle de récupération de termes à l’origine insultants, souvent employé par opposition au sigle LGBT (Lesbienne, Gay, BisexuelLEs, TransexuelLes). Il se veut plus radical et vise à exprimer les particularités antinormatives de cette communauté. Le sigle LGBT est plutôt employé par des organisations ou associations dites « mainstream » (dominantes, ancrées dans le CIStème) qui visent  l’obtention de droits mais aussi l’intégration.

*anti-système : lutte radicale non-parlementaire, pour des changements de fond (contre le système d’Etat et la répression qu’il met en place), et sans concession.

*courant féministe pro-porn (pro-sexe):  Le féminisme pro-porn est né dans les années 1980 aux États-Unis sous l’influence du milieu queer. Cette branche du féminisme affirme que les minorités sexuelles doivent investir la sexualité et la pornographie, se réapproprier leurs corps et leur jouissance. Il a inclus dès le début les travailleurSEs du sexe. Il est appelé « troisième vague du féminisme », en opposition à la deuxième vague apparue dans les années 60 et dite « féministe radicale ». Le féminisme radical considère qu’il existe une oppression spécifique des femmes au bénéfice des hommes (patriarcat) et  que le but des luttes féministes doit être d’abolir ce système d’opressions spécifiques (contrairement au positionnement du féminisme libéral qui ne réclame qu’une égalité de droits), oppressions qui ne peuvent se réduire à la lutte des classes (position du féminisme socialiste). Certaines féministes radicales ont développéEs une théorie originale défendant l’idée que les violences sexuelles auraient pour fondements la prostitution et la pornographie, qui instituent des sexualités dégradantes pour la femme comme le sado-masochisme. Ce type de positionnement a scindé le mouvement féministe radical en deux camps, illustrés en France par les féminisme abolitionniste (militant pour l’abolition du « système prostituteur » ) et les féministes pro-porn.

*courant féministe sex-positif : le discours sex-positif a émergé au sein du mouvement féministe pro-porn, mais il est parfois employé de manière plus générale. Il s’agit de tous les discours militants s’opposant  au contrôle de la sexualité des individus

*courant féministe sex-radical : branche du féminisme pro-porn ayant mis en avant la lutte contre les oppressions sexuelles plutôt que le lutte des sexes ou des genres. Fermement anti-moraliste, il réclame que les expressions de la sexualité non-normatives puissent être considérées comme des identités à part entière. Il s’est engagé dans une variétés de débats incluant la pornographie, le travail du sexe, les pratiques sexuelles non-traditionnelles incluant le sexe inter-générationnel, le sexe multi-partenaires, le BDSM ect (voir : http://knowledge.sagepub.com/view/gender/n380.xml?rskey=BVbBlU&row=1 )

* courant féministe  non-abolitionniste : qui s’oppose au féminisme abolitionniste militant pour la pénalisation des clients, et plus généralement pour la disparition de la prostitution et de la pornographie.

*courant féministe contre la censure du sexuel (traduction libre de anticensorship feminism) : mouvement s’opposant à toute intervention de l’Etat et de la police dans la sexualité des individuEs , pour la libre expression de la sexualité (ce mouvement n’est pas forcément pro-porn mais s’oppose à toute législation à l’encontre des travailleurSEs du sexe, et généralement à tout système répressif à l’encontre des minorités sexuelles). http://cchavoustie.wordpress.com/2011/11/24/anti-censorship-feminism/

*hétéropatriarcapitaliste :  mot-valise qui permet de mettre en valeur l’étroite relation entre le système hétéronormatif, la notion de patriarcat (autorité dominante masculine qui décide pour toi parce que c’est pour ton bien) contenue dedans, et le système capitaliste, normatif également, qui vit sur le classisme et la colonisation. Utilisé par certainEs anarcoféministes, dont nous faisons parti.

English translation : 

This blog aims to be a tool for feminist, queer / TBFD and anti-system struggles, against the violence and the invisibilisation of the traumatic experiences.

It is led in non-mixity by queer / TBFD / women, defining themselves as pro-porn / sex-positif / sex-radical feminists, non-abolitionist feminists, anti-censorship feminists, anti occidental moralizing feminists , feminists that fight for the right of each individual to do what they want with their body, their gender identity, their sexuality and to invest the pornographic expression if they wish.

The purpose of this blog is the free expression of the traumatic experiences caused by violence.

By violence, we mean all the abuses committed by others (unknown or known) including psychological violence, physical violence, sexual violence, the rape, and having entailed serious psychological aftereffects (with a real handicap in the victim’s everyday life, with post-traumatic symptoms such as: nightmares, depression / anxiety, recurrent and lively thoughts of the trauma, emotions / thoughts dissociation, eating disorders, cutaneous disorders, gastroenterological disturbances, socio-relational difficulties etc.).

Urgency

There is urgency, for us, traumatized persons refusing the system of male, capitalist,, heteronormative, colonial, validist domination.
Urgency to speak about our experiences. Urgency because we have no tools outside this system. Urgency to create these tools. Urgency to obtain your support. You, who are our chosen family, our community. We urgently need you.

This blog tries to visibilize (=create a real recognition of) the traumatic experiences particularly but not exclusively for individuals considering that the interpersonal violences they lived are strengthened by systematic dominations on the basis of sex, race, religion, age, socioeconomic status, gender, sexual orientation, health etc.

(…)

We claim the reappropriation of our bodies, our gender, our sexualities and our pornographic expressions.

1- In the heteropatriarcapilatist  system, we fight every day to assert our body, sex and gender identities. The violence that we lived is not helping in this process. To be physically assaulted is like being colonized in our bodies by our aggressors. So we, the victims, have to fight every day to get rid of the physical and psychical impregnations left in our bodies by our agressors, and we have also to fight as you against the heterosexist and capitalist dominations in public spaces, institutions, family, communities. This addition of fights, exterior and internal, is exhausting. The claiming of our identities is also for us a fight against the aggressor who « stole » them to us.

2-A lot of sexual practices (sadomasochism, domination/submission, role-playing games, swapping etc.), as well as sex-works (prostitution -traditional or not-, pornography), and pornographic public expression (videos, performing arts etc.) are in France considered by abolitionist feminists as practices that would cause sexual and sexist violence. Rather than to condemn these practices, we decided to reappropriate them. The split which took place in French feminism crystallized by « veil” and « prostitution » files, leads very often to consider our positions as an instrumentalization of patriarchy and to present us as accomplices of the rapes and violence against women.

This is unbearable. We want to fight against the view considering that there would be at one side abolitionist feminists who are the victims of violence and on the other side sex-positive / sex radical /pro-porn / feminists. In both edges, there is a lot of persons having lived atrocious violence, caused by a whole unequal system. The difference between us concerns the interpretations we made. While the abolitionist feminists consider the prostitution, the pornography, and some sexual practices as the causes of the violence against women, sex-positive / sex radical /pro-porn / feminists consider for their part that these tools reflect the male domination but are not the cause of it, and that it is possible to reappropriate them.

(…)

The way anarcho-feminists who want to reappropriate these tools are invisibilized and humbled obliges them to fight for the right to speak. There is such an urgency that we always need to conduct political actions. The French sex-positive / sex radical /pro-porn movement has to spend all its energy to fight for fundamental rights (in particular for sex workers’ rights). This is an empirical and regrettable fact, that leads us to don’t be able to speak anymore on essential themes, in particular concerning violence. Now, there is also a real urgency for the victims of abuses belonging to  sex-positive / sex radical /pro-porn movement, who actually have no place, tool, support group, and who are so isolated.

This blog was created to offer them a reflection and meeting tool,  and to make public their speech and position.

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