AuteurEs & Contact

AUTEUR.E.S ET CONTACT

C’est important de savoir qui sont les auteurEs du blog.

Nous sommes deux à la base du projet. Petit à petit, des genTEs nous rejoignent sur des projets. En fait ça fait un moment qu’on s’organise pour créer un réseau collectif féministe pro-porn contre les violences. Mais on n’en peut plus d’attendre. On a des urgences et de la rage au ventre, qu’il nous fallait exprimer tout de suite. On a donc décidé de faire ce blog qui sera aussi un nouvel outil pour monter notre réseau, et qui en même temps nous permet une visibilité immédiate.

On espère que très vite nos amiEs, alliéEs, et touTEs ceuLLEs qui le souhaitent proposeront leurs propres articles. Si l’écriture n’est pas votre moyen d’expression privilégié, vous pouvez aussi nous envoyer des dessins, peintures, bds, des liens vers des vidéos, de la musique. On acceptera tout ce qui se situe dans la ligne qui est définie dans la page d’accueil du blog. On est aussi ouvertEs pour écrire ou travailler sur des supports avec vous, de façon collective. Et on veut bien s’associer à d’autres projets, donc contactez-nous à : philomele@Safe-mail.net On espère vraiment que ça permettra d’organiser des rencontres réelles, des réunions, des actions, un groupe de parole etc.

On a décidé d’écrire sous pseudos, ça nous permet de garder notre anonymat tout en parlant de ce qui nous tient à cœur.  On rajoutera les nouveauLLEs auteurEs au fur et à mesure.

Orithyia / Orithyio

Je suis une personne genderfluide de 26 ans (sur ce blog j’utiliserai parfois le masculin, parfois le féminin ou le neutre selon mon ressenti), blanche, valide, issue de la classe moyenne, anarchaféministe pro-sexe , anti-spéciste, polyamoureuse. Je suis psychologue dans ma vie civile

En ce qui concerne mon passé traumatique : Jeune adolescente, j’ai été violée, une fois par un inconnu, une fois par une personne pédophile que je connaissais. A cette époque, je n’ai pas porté plainte, et j’ai mis des années avant de pouvoir parler de ce qui m’était arrivé. Je précise que ma famille était hautement déficitaire, voire toxique. Toute mon adolescence, mon consentement a été peu respecté.  Jeune adulte, je me suis faite harcelée par un mec cis avec qui je bossais et entretenais des relations amicales. Il a exercé sur moi une totale emprise psychologique, m’a violée durant mon sommeil et a essayé de me convaincre d’avoir une relation affective avec lui, et quand je l’ai rejeté, il m’a cognée et m’a ensuite harcelée durant un an (appels incessants, venues à mon domicile et à mon travail, piratage de toutes mes boîtes mails, ouverture de ma boîte aux lettres, harcèlement de mon entourage, envoi de faux courriers en mon nom, menaces de mort, menaces d’outing etc.) J’ai porté plainte contre lui car je n’avais pas d’autres solutions pour lui échapper, pour coups et blessures volontaires et menaces de mort (je n’avais même pas conscience d’avoir été violée à cette époque) . D’autres personnes se sont jointes à moi, avec des accusations de viols et séquestration, et nous avons réalisé que nous avions affaire à un serial-raper dont les pratiques étaient ritualisées. Nous avons vécu un véritable cauchemar durant tout le processus judiciaire. Lors de la perquisition, près de deux cents vidéos de viols ont été retrouvées à son domicile. Pourtant, nous n’avons même pas été convoquées à notre procès (oubli de le justice) et cet homme a été condamné à deux mois de prison avec sursis. Lors de l’expertise judiciaire, la psychiatre m’a diagnostiquée un état de stress post-traumatique qui s’est chronicisé depuis.

Depuis 10 ans, j’ai fait plusieurs thérapies individuelles et collectives, qui, associées à ma lutte féministe, m’ont permis de déconstruire la culpabilité et de réussir à parler de mon vécu traumatique. J’ai souvent été prise en charge dans des lieux ou par des personnes très moralisantEs, ce qui me donne aujourd’hui envie de développer d’autres sources d’aides et prises en charge, hors de ce système et dans une dynamique d’autogestion. En effet, la réappropriation de mon corps, de mon genre, et de ma sexualité, la recherche sexuelle BDSM, etc. font partie intégrante de ma lutte contre les oppressions que j’ai subies.

Kaineus

Je suis trans FtX, j’ai 30 ans, blanc, issu de l’émigration européenne, d’un milieu d’artisan, socialo. Je suis queer, poly, pratiquant le BDSM, anarchoféministe, antispéciste. Ex-travailleur social, je n’ai pas un haut niveau d’étude et déteste l’universitarisme que je trouve classiste. Actuellement, je tente de recentrer ma vie, et ce travail d’écriture, ainsi que d’autres, m’aide.
En ce qui concerne mon vécu traumatique : j’ai été élevé dans une famille dysfonctionnelle. Ma sœur ainée est une personnalité perverse narcissique. Chantage affectif, dépendance, absence d’estime de moi, de confiance en moi, violences physique et psychologique, par les personnes qui sont censées t’aimer inconditionnellement. Cela a eu comme effet (parmis d’autres) que je ne connaissais pas les limites entre une relation et une relation abusive. A 14 ans, ma meilleure amie et moi formions un trouple (une relation de couple à 3) avec un homme majeur. Il m’a violé, en tant que femme. Sans doute elle aussi, nous ne nous parlons plus. Comme il avait une place sociale importante dans la ville, il m’en a exclu : les enfants jetaient des cailloux sur mon passage. Je n’ai pas porté plainte. Le tabou étant trop fort et je ne me sentais pas en sécurité dans ma famille. A suivi une longue periode de dépression, anorexie, boulimie, pendant laquelle j’ai vécu beaucoup de relations, toutes abusives. Aucune des personnes, travailleurs sociaux et psy, que j’ai rencontré à cette période n’a pu m’aider. A 18 ans, j’ai commencé à travailler seul sur la notion de famille dès que j’ai pu m’en défaire et parce que je reproduisais des comportements abusifs dans la relation que je vivais à l’époque. C’était il y a 12 ans. Peu à peu, j’ai appris à distinguer les contours de mon existences. Dans ce processus, deux activités m’ont aidées : poser comme modèle vivant dans des ateliers d’arts plastique me permettait de ressentir mon corps et de le trouver utile; le sexe, petit à petit, m’a permis de voir ma corporalité comme quelque chose de positif 🙂 Malgré cela, épuisé par les souvenirs traumatiques, j’ai cherché, avec l’aide de la personne avec qui je relationnais, un psy capable de m’aider. Après presque un an de travail en thérapie cognitive et comportementale, j’ai appris à les dompter. Ça va mieux maintenant. Malgré cela, mon vécu traumatique ne s’efface pas et je continue à faire des crises d’angoisse et des dépressions.
La notion de consentement est devenue centrale dans ma vie. Elle me permet de me reconstruire autour de limites exprimées et validées, cela me permet de me sentir en sécurité. En toute logique la pratique du BDSM m’aide à me sentir en sécurité quand je fais du sexe, et du coup participe fondamentalement à mon épanouissement.
Aujourd’hui je trouve très important de parler des relations abusives, notamment des personnalités perverses narcissiques, dans nos communautés. Parce que en tant que personnes rejetant et rejettéEs par le système hétéronormatif, les ressources institutionnelles sont violentes envers nos identités, mais qu’en même temps il n’en existe quasiment pas à l’intérieur de nos communautés. Et cela participe aussi à ce que des personnes abusent de nous dans la communauté, parfois en ce cachant derrière des outils féministes détournés à leur profit. 
Je ne suis pas sûr de ce que j’aimerai faire, de ce à quoi je serais ok de participer. Il y a surement pas mal de choses à créer, ensemble : nous, victimes, et vous, notre famille choisie.
 

Elsa

Je suis une meuf trans, MtF, j’ai officiellement 26 ans. Je suis blanche, valide, bien plus polyamoureuse que polysexuelle, pan, mi détruite mi vénère. Ancienne professeure des écoles. J’essaie d’être militante, féministe, pédagogue et patiente sur les sujets divers, des transidentités, aux rapports aux corps, au travail du sexe. Je pratique le BDSM, la soumission, les sexualités non génitales, le reste ne m’intéressant que très peu.

En ce qui concerne mon passé traumatique, j’ai été violée à deux reprises. Deux fois en l’espace de 4 ans. Les deux viols avaient une portée punitive, corrective. Le second viol est raconté sur ce blog. Je suis encore en état fort de stress post traumatisme depuis : Les crises d’angoisses sont quasi quotidiennes, l’anxiété est généralisée. J’ai l’impression d’avoir souvent le cerveau en miettes, ma mémoire est mauvaise, j’ai beaucoup de mal à me concentrer. Je vis depuis mon dernier viol en état d’auto défense, ce qui nuit à mon militantisme, mes relations humaines. Coté physique, plus de 10 mois après, j’ai encore des blessures internes. Cela m’oblige à faire des passages aux hôpitaux de ma ville régulièrement.

Je n’ai pas encore réussi à mettre des mots sur mon premier viol, j’en ressens encore une forte culpabilisation. A cette période je me considérais encore comme un monstre en etant trans. Le violeur m’a détruite. Une première fois. Je tenterai d’écrire sur cet évènement. Plus douloureux à mes yeux que le second viol punitif que j’ai vécu.

Je vis les transphobies. Coups, insultes, crachats, rejets, vannes, viols correctifs. La transphobie tue. On la crèvera la première.

Elsa a écrit deux témoignages sur Philomèle, qui expliquent ce qu’elle a vécu :

« Transphobie hospitalière ». Témoignage d’un passage aux urgences suite à un viol.

Publicités

3 réflexions sur “AuteurEs & Contact

  1. Salut, je n’ai pas réussi à trouver un adresse pour vous contacter. J’aurais bien eu envie de participer au blog, poster un texte ou deux ou plus. Ce serait possible ?

  2. Pingback: Dissociations et identités – Témoignage | Philomèle

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :